Un Mexicain lié aux cartels qui était recherché pour l’homicide d’un adolescent vient d’être attrapé par l’Agence des services frontaliers à Montréal, où il avait réussi à vivre depuis quelques mois sous son vrai nom.
Jorge Luis Villalón Torres était un fugitif activement recherché au Mexique, où la justice offrait 100 000 pesos mexicains (7000$ CAN) pour toute information à son sujet depuis 2024.
La mère de la victime, elle, proposait 500 000 pesos (35 000$ CAN) pour sa capture.
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Malgré tout, l’homme de 48 ans, surnommé «El Marino», était parvenu à se refaire une vie à Montréal, sous sa vraie identité.
Il résidait à Pierrefonds avec sa conjointe, avait deux véhicules à son nom, dont une fourgonnette commerciale à l’effigie d’une entreprise de nettoyage, et fréquentait l’église du coin, selon des documents judiciaires obtenus par Le Journal.
Assez discret, le Mexicain se limitait à échanger des «holas» avec ses voisins.
En février dernier, un mandat d’arrêt a cependant été émis à son encontre puisqu’il ne s’est pas présenté à la cour et qu’il représentait un danger pour le public.
Sans statut légal au pays, Villalón Torres a finalement été arrêté chez lui lundi matin à la demande des autorités mexicaines qui l’accusent de l’homicide d’un mineur, Alexander Ortíz.
11 500$ pour tuer
En juin 2023, l’adolescent de 16 ans était dans une camionnette avec sa mère, Issis Ninive Ortíz Cortez, lorsque deux individus à moto auraient tiré à plusieurs reprises en leur direction.
«Ton heure est venue, cela vient de ton ami Villalón», aurait crié le tireur, selon des documents judiciaires mexicains mis en preuve.
Au lendemain du meurtre, Mme Ortíz Cortez a indiqué aux enquêteurs qu’elle soupçonnait Villalón Torres, un ex-employé contre qui elle avait déjà porté plainte pour menaces.
Ce dernier avait été responsable de la sécurité pour son entreprise dans une petite ville portuaire de la province du Michoacán, où le crime a eu lieu.
Selon les autorités mexicaines, le présumé commanditaire de l’assassinat en avait contre son ancienne patronne, qu’il accusait de ne pas le payer assez.
Quatre jours avant l’homicide, «El Marino» aurait offert à deux de ses collègues 160 000 pesos mexicains (11 500 $ CAN) pour tuer Mme Ortíz Cortez, ce qu’ils ont refusé.
Après le crime, Villalón Torres se serait plaint à eux que les sicarios qu’il avait engagés «avaient échoué» parce que «celle que je voulais tuer était cette pute, Issis», lit-on dans les documents judiciaires.
Un sombre passé
Les sources de notre Bureau d’enquête établissent un lien clair entre «El Marino» et les cartels mexicains.
De plus, selon le média mexicain La Silla Rota, les autorités fédérales s’intéresseraient à lui pour des questions de blanchiment d’argent et de délinquance organisée.
Villalón Torres aurait également volé une cargaison de drogue à un cartel de Michoacán, ce qui lui aurait valu d’être à son tour menacé, selon La Silla Rota.
Les médias mexicains rapportent que son épouse et son frère, tous deux enseignants au primaire, ainsi que sa fille de 15 ans ont été assassinés en septembre, vraisemblablement en représailles. Un autre de ses frères a aussi été tué.
Lors de sa comparution lundi au palais de justice de Montréal, Villalón Torres a mentionné «faire l’objet de persécution politique».
«Il y a beaucoup de politiciens impliqués dans cette affaire, toute ma famille a été assassinée», a-t-il dit en espagnol avant que le juge lui suggère de ne rien ajouter.
Villalón Torres restera détenu jusqu’à son retour en cour vendredi pour la suite des procédures.
Une fois déporté au Mexique, il risque entre 25 et 50 ans de prison s’il est reconnu coupable du meurtre d’Alexander Ortíz.